Ce workshop s'est déroulé durant la deuxième semaine étoile de
l'EESAB, de l'année scolaire 2025/2026 du 9 février au 13 février 2026. Ce moment fait partie du programme de la plateforme de recherche "Territoires Souples" menée par Chloé Macary-Carney et Sylvie Ungauer.
Pour cette deuxième venue sur l'île nous sommes en compagnie des étudiantes de Quimper de la communauté de recherche des "Intrigantes" menée par leur enseignante Eva Taulois ainsi que l'artiste Théophile Péris qui nous propose de feutrer collectivement durant une semaine.
On participé à ce projet : Marine, Clémence, Zoé, Mark, Clarisse, Séphora, Fanny du Site de Brest et Clarisse, Eunsol, Marielle, Cyrielle et Fannie du site de Quimper.
Le challenge est de réaliser une tenture feutrée de grand format avec et pour les habitants de l'île. Merci à eux, Fanch, Marino, Patricia, Bastien et tous les visiteurs et participants de passage.
Lors de notre premier séjour en novembre 2025, nous avions convenu avec la mairie d'Ouessant de pouvoir utiliser la salle omnisport de Lampaul pour travailler aux conditions d'utilisation. Il s'agit donc dans un premier temps d'installer espace de chantier. La technique du feutrage nécessite d'utiliser le l'eau en grande quantité. Il fallait donc protéger le revêtement du gymnase.

Nous décidons de délimiter les bords du futur dessin.
Nous avons amené avec nous dans le bateau 18kg de laine de moutons de Ouessant qui a été cardée à la ferme à laine de Colpo par Enora Palvadeau. Le cardage est une étape qui permet de mettre de "peigner" la laine après qu'elle est été laver. Elle passe dans des rouleaux dentés. Cette étape peut aussi se faire manuellement avec des "brosses". Les fibres de laine s'entremêlent déjà et se présente alors en nappes roulées. Nous avons une gamme du brun foncé (la couleur typique du Ouessant) au blanc en passant par deux gris différents. Ce qui nous donne une palette intéressante pour la création du dessin.
Lors de notre premier séjour, un habitant de l'île nous avait fait don de sacs de laine de ses moutons lavée mais nous n'avions pas les moyens et le temps de la préparer sur le temps de la semaine.
Théophile nous montre la technique du tuilage des fibres par petites touches pour qu'elles se
superposent et s'entremêlent à l'aide de l'eau et du
savon. Ce mélange avec un PH positif aide à l'ouverture des écailles qui gainent la fibre. La friction les fait s'accrocher ensemble pour devenir au fur à mesure une surface homogène. Plus la fibre est foulée plus les fibres se resserrent pur devenir une surface complètement étanche.
Tout au long de notre séjour dans ce gymnase nous allons cohabiter avec ses usagers.
Ils participeront à la fabrication de la pièce collective.
Une deuxième technique est utilisée, celle du boudin qui permet de réaliser des formes plus précise et de dessiner des lignes.
Puis vient le temps du dessin collectif. L'idée était de partir sur des rochers identifiés par les étudiants·tes sur l'île. Un rocher est devenu un menhir sur lequel venait se graver des dessins de chacun : des objets ou personnages inspirés des récits liés de près ou de loin aux histoires de l'île. Pour représenter la défonce des inscriptions sur le rocher il est décidé de la direction de la lumière afin de réaliser des ombre. Ce rocher est encadré d'une nuit venteuse et d'une fenêtre en forme d'arche de pierres de granit.
Le dessin sur la bâche peu commencer. Les boudins sont humectés ce qui permet un tracé plus précis.
Chacun s'attèle à dessiner sa partie.
Puis il faut faire la surface du rocher, en mélangeant plusieurs teintes du gris au brun. Pour se faire
Marine écharpille les nappes de laine cardée.
Le dessin prend forme, le ciel nocturne autour du rocher est rajouté.
Puis la nuit venteuse...
On peut maintenant recouvrir le tout du reste de laine en nappes fines croisées.
On peut aller se coucher.
Le lendemain c'est le foulage. Nous devons avant tout fabriquer un axe pour pouvoir rouler la laine dans la bâche.
Et pour que celle-ci ne glisse pas trop il faut enrouler de vieux draps et des nattes avec. Le tout sera saucissonné dans des cordes. Théophile nous montre sa technique de nœuds coulants.
C'est parti pour le roulage qui est une opération délicate car la bâche est une surface glissante. Il faut donc bien serrer pour que le dessin reste en place. Nous rajoutons des tissus.
Il faut maintenant faire chauffer de l'eau très chaude (à ébullition). Nous nous installons dehors à l'entrée su gymnase mais le temps n'est pas favorable puisque la tempête Nils se prépare et les rafales de vent éteignent le brûleur à gaz.
L'eau est chaude est chauffée avec le savon de Marseille rapé.
La pièce est aspergée d'eau chaude à l'aide d'un arrosoir.
Puis le rouleau est saucissonné et foulé durant 45 minutes.
Puis le rouleau est déplié retourné, remouillé avec l'eau chaude savonneuse et refoulé encore 45 minutes. Et ecela 4 fois jusqu'à ce que le feutre soit"pris".
Au fur et a mesure l'eau est évacuée pour pouvoir feutrer avec plus d'intensité. Le phénomène du feutrage fait rétrécir la pièce d'origine d'environ 30% suivant la toison d'origine. Ce coefficient varie suivant la race du mouton ainsi que la manière dont il a été élevé.
C'est un travail de longue haleine. Les courbatures se font sentir. mais le cœur y est. Il faut maintenant feutrer les détail à la main pour aplanir la surface avec de l'eau savonneuse.
Et refouler... Mais cette fois c'est la fin.

Demain rinçage.
Nous sommes sur une île et la météo est contre nous. La tempête Nils fait rage ce qui nous empêche le rinçage au lavoir d'Arlan qui se trouve beaucoup trop loin du gymnase pour que l'on puisse envisager de porter la pièce de feutre jusque là, d'autant plus que nos 18 Kilos de laine se sont transformé en 70kg voir plus car nous n'avons pas de balance pour contrôler !
Du coup improvisation de chantier de lavage à l'extérieur du gymnase avec poubelle et gros fait tout et tuyau d'arrosage!
Ça égoutte on peut se réjouir !
Ça va égoutter toute la nuit.
La tenture fait environ 4m20 par 3m70/ un sacré morceau ! On a hâte de la voir à la verticale et en entier.
C'est maintenant l'accrochage dans le gymnase. En effet la tenture reste à Ouessant dans un premier temps pour sécher et pour que les ouessantins puissent en profiter. Elle reviendra à Brest pour le 12 mai, un évènement public qui présentera les travaux de l'année au cours de la plateforme Territoires souples.
Théophile a nommé la pièce TAKOUN qui veut feutre en breton. Nous avions convié le public pour l'occasion. Malgré le temps les visiteurs sont venus... Et nous espérons que tous les usagers du Gymnase sauront apprécier.
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